Gil KD met de l’art dans la ville

Qui peut bien se cacher derrière ces gracieuses femmes qui fleurissent dans des recoins de Tours ou de l’agglomération ? Au détour d’une rue, sous un pont, sur une vespasienne ou une porte rouillée, elles apportent une douceur teintée d’exotisme dans notre quotidien. On imaginait une graffeuse marginale avec un look un peu rebelle. Surprise ! La cinquantaine pétillante, Gil KD est à la fois infirmière libérale à l’allure élégante et artiste-peintre à l’enthousiasme communicatif. Une drôle de double vie !

Mon kif, c’est la rue !

Gil KD se consacre à ses études d’infirmières et crée son chemin artistique toute seule. Elle griffonne d’abord à la craie, et plus tard se lance dans la création de grandes toiles pour habiller les murs de sa maison. Fascinée par le street art, la rue s’impose comme une évidence : offrir ses œuvres à tout le monde, y compris aux personnes qui n’osent pas franchir les portes des galeries d’art. « Mon kif, c’est la rue, le meilleur endroit pour interpeller les passants. C’est un cadeau que l’on fait pour égayer la journée ! ». Après quelques collages éphémères, elle se lance dans le graff avec pochoirs et aérographe.

6h le dimanche matin

Depuis deux ans, l’infirmière joue les peintres clandestines : « Le meilleur moment pour peindre avec la lumière du jour sans être dérangée, c’est à 6h le dimanche matin. J’aime bien prendre des risques », avoue-t-elle. Pour autant, rien n’est improvisé : elle choisit chaque lieu, l’étudie, le repère, le mesure au préalable, et le respecte : « C’est le support qui m’inspire : par exemple, les fleurs de lys des vespasiennes ». Perchée sur son escabeau, elle fait éclore en 20 minutes des femmes élégantes dont les volutes colorées veillent sur la tranquillité de la ville.

Des œuvres vivantes

Baptisées « les flash modes », ses œuvres ne laissent pas les passants indifférents. Alors qu’elle peignait dans un endroit peu fréquenté sous un pont au petit matin, un homme l’a interpellé pour lui demander d’en reproduire une chez lui. Gil KD jubile : « Même des clochards m’ont remercié. Ils m’ont dit que ma peinture près de leur banc rendait leur coin plus beau ! ». Dans le quartier Velpeau, elle a eu la surprise de trouver sur le mur un petit mot du propriétaire qui l’encourageait à prolonger sa fresque.
Sur les réseaux sociaux, des étudiantes ont organisé une « chasse aux graffs » pour les localiser sur une carte interactive. Retrouver les adresses devient un jeu de chasse au trésor urbain, une collection d’un nouveau genre. Même si certaines œuvres peuvent être effacées ou recouvertes par des affiches ou d’autres graffs, la plupart sont respectées.

Gil KD a encore bien d’autres idées en tête : ses prochains graffs sont déjà prêts et les lieux définis. En attendant que le jour se lève plus tôt et que les conditions météo soient meilleures, elle se consacre à la peinture sur toile dans son atelier de Saint-Martin-le-Beau. Avec un enduit mélangé à de la poudre de tuffeau, elle peint des femmes aux corps sensuels mêlées à des fragments d’affiches publicitaires… Une autre façon de se connecter à l’univers urbain.

http://gilart.wixsite.com

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