Michel Gressier : libre comme l’art !

Pour rencontrer Michel Gressier, il faut le saisir au vol, dans son atelier-boutique de l’avenue Maginot à Tours, au milieu des toiles colorées, des bobines de fil et des machines à coudre. Toujours entre deux avions  (… un comble pour lui qui n’aime pas voyager !), le « plasticien du vent » parcourt le monde pour accrocher ses toiles au blanc des cumulus en Italie, ou faire voltiger les couleurs dans l’azur du ciel du Qatar…

Etudiant aux Arts Décoratifs de Grenoble, aux Beaux-Arts de Marseille, puis à l’École Boulle de Paris, Michel Gressier s’était mis en tête de rendre sa peinture lisible à grande distance. La solution lui est naturellement tombée… du ciel : il devait faire voler ses châssis de peinture ! Alors qu’il faisait des essais dans sa Savoie natale, la rencontre fortuite avec le président du Cerf-Volant Club de France  sera déterminante pour le lancement de sa carrière : « J‘ai inventé mon propre métier de concepteur, designer, réalisateur, peintre et décorateur en architecture céleste ». Au départ contraignants, le vent et la lumière sont devenus au fil des années, les complices de spectacles aériens éphémères.  

C’est ainsi que naîtra le nom de son atelier : « Le Ciel Pour Cimaise », qui a également pour spécialité l’art vexillaire : la création de pavois, velums, fanions, ou oriflammes pour des festivals ou des municipalités. Michel Gressier habille ainsi les espaces et joue avec les architectures urbaines comme à Lisbonne, Saumur, Amboise, Chambray-lès-tours… et bien sûr à Tours. Les tourangeaux se souviennent qu’il  fut le premier à pavoiser le Pont Wilson en 2001, offrant une superbe perspective sur l’entrée de ville, triomphale et festive grâce aux vents ligériens ! Malheureusement, le changement de municipalité en 2014 marquera la fin de cette collaboration.

Aujourd’hui, Michel Gressier est devenu une référence internationale dans le milieu très fermé du cerf-volant : on compte seulement une quarantaine de cerf-volistes professionnels dans le monde. Souvent sollicité par le Cirque du Soleil ou par Disney pour créer de nouveaux numéros aériens, Michel Gressier est sans cesse en recherche de nouvelles créations : « Quand je reviens d’un festival, je pense déjà au prochain cerf-volant. Dans l’avion, je commence à faire des croquis, j’imagine comment je vais accorder mon cerf-volant… c’est comme un instrument de musique, toujours différent en fonction de la lumière et du vent. C’est ça qui m’émerveille ! ».

« Faire très sérieusement quelque-chose de dérisoire » : c’est la devise de ce magicien des airs qui adore transmettre son savoir-faire aux jeunes étudiants passionnés qui viennent se former à mes côtés : « Mon équipe, c’est ma famille de cœur ! ». A 63 ans, la tête dans les nuages et les yeux rieurs, Michel Gressier a su garder son âme d’enfant, s’amusant à faire onduler des méduses aériennes, tournoyer des couronnes célestes ou serpenter des dragons volants. En accrochant ses tableaux aux nuages, il a trouvé la plus belle et la plus éphémère des galeries !

Pour en savoir plus :

https://www.le-ciel-pour-cimaise.com/

 

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